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L’évolution des loyers dans le parc locatif privé en 2002

Les résultats relatifs à l’évolution des loyers au cours de l’année 2002 sont issus d’enquêtes menées dans onze agglomérations de province, ainsi qu'à Paris, sa proche et grande banlieue. La conduite d’enquête et le traitement des données ont été réalisés par l’observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (OLAP).


Pour 2002, les grandes tendances de l’évolution des loyers dans l’agglomération parisienne et en province sont caractérisées par :  

  • Une accélération de la hausse globale des loyers qui s’élève à +5.2% à Paris (1), à +4.1% dans sa proche banlieue (2) et +3.5% en province (3).
    La décélération de la hausse des loyers, engagée depuis 1992, avait fait place en 1997 et 1998 à une reprise de la hausse globale des loyers ; en 1999, la décennie s’est achevée sur un nouveau ralentissement de cette hausse. En 2000, une reprise de la hausse globale est constatée qui se confirme en 2001et se consolide en 2002. Elle résulte principalement de la forte évolution de l’ICC (4) sur la base duquel une majorité de loyers est actualisée et du niveau élevée de la hausse moyenne pratiquée lors des relocations.

  • Une hausse d’ensemble des loyers de nouveau plus élevée que celle de l’indice des prix à la consommation (+2%).
    A l’exception des années 1995, 1996 et 1999, depuis au moins 1985 et jusqu’à 2002 inclus, la hausse d’ensemble des loyers du secteur locatif privé a été supérieure à l'indice des prix à la consommation.

  • Une hausse moyenne des loyers plus forte à Paris et dans sa proche banlieue qu’en province.
    De 1994 à 1997, les loyers ont progressé plus vite en province qu’à Paris et dans sa proche banlieue.
    En 1998 et 1999, la progression de la hausse moyenne des loyers avait été quasi identique à Paris, en proche banlieue et en province.
    En 2000, 2001 et 2002, la hausse moyenne des loyers a été plus forte à Paris et sa proche banlieue qu’en province. Cette tendance est liée à la reprise confortée de la hausse moyenne des loyers de relocation à Paris et dans sa proche banlieue, plus tempérée en province. Les relocations sont un facteur prépondérant de progression globale des loyers à Paris, dans sa proche banlieue et en province.

  • Un maintien de l'écart de loyer entre Paris, sa proche banlieue et la province. Le niveau des loyers au m² demeure deux fois plus élevé à Paris et sa proche banlieue qu'en province.
    Le loyer moyen mensuel pratiqué pour l’ensemble du parc locatif privé est de 15.0 €/m² à Paris, 11.7 €/m² en proche banlieue et 6.7 €/m² en province.
    Le loyer moyen mensuel fixé après une relocation est de 16.8 €/m² à Paris, 13.3 €/m² en proche banlieue et 7.50 €/m² en province.

    Par ailleurs, le niveau moyen des loyers pratiqués en grande banlieue de l’agglomération parisienne, comparé à celui de la province révèle également une tension particulière sur le marché locatif. L’écart moyen de loyer est globalement de l’ordre d’un tiers.

  • La dispersion des loyers, après s’être réduite puis stabilisée, tend depuis 2000, à se réinstaurer à Paris, dans sa proche banlieue et en province.
    De 1993 à 1997, l’écart moyen entre les loyers de relocation et ceux pratiqués sur l’ensemble du parc privé s’était progressivement réduit (5). En 1998 et 1999, avec la reprise de la hausse moyenne des loyers lors des relocations dans l’agglomération parisienne, il s’était stabilisé. Depuis 2000, cet écart tend à nouveau à s’accroître.

  • Le niveau élevé de la hausse des loyers de relocation contribue à une nette progression de la hausse globale des loyers à Paris, dans sa proche banlieue et en province.
    En effet, de 1999 à 2001, la hausse moyenne des loyers de relocation s’est fortement redressé à Paris et dans sa proche banlieue. En 2002, sa progression tend à se ralentir, +11.9% à Paris (contre +11.4% en 2001, +7.7% en 2000, +4.3% en 1999, +2.6% en 1998 et +0.3% en 1997), +10.4% en proche banlieue (contre +9.2%, +5.7% en 2000, +3.1% en 1999, +1.5% en 1998 et +0.9% en 1997).

    Ainsi, à Paris et dans sa proche banlieue, la reprise de la hausse moyenne lors des relocations amorcée en 1998, s’est accélérée chaque année et semble se consolider en 2002
    . Elle est liée au développement d’une pratique de hausse supérieure à l’ICC (59% des logements reloués à Paris et 56% en proche banlieue) qui, en 2002, par rapport aux trois dernières années, tend à se stabiliser notamment à Paris et continue dans des proportions moindres, de s’accroître en proche banlieue. Cette évolution semble inaugurer l’amorce d’un tassement du rythme accéléré de la hausse globale des loyers de relocations même si les hausses praitquées sont en moyenne de 19% à Paris et 15% en proche banlieue. Cette tendance s’associe, avec l’évolution accrue de l’ICC en 2002 (+3.6% contre +2.5% en 2002, +1.1% en 2000, +0.3% en 1999), à une progression de la pratique d’indexation des loyer sur l’ICC qui porte sur 29% des logements reloués à Paris (26% en 2001), 32% en proche banlieue (30% en 2001). Ce processus s’effectue au détriment d’un fort recul des pratiques de baisse des loyers ou de reconduction du loyer à son niveau (12% des logements reloués à Paris et en proche banlieue contre respectivement 23% et 29% en 1999).

    En province, le mouvement de repli de la hausse moyenne des relocations engagé depuis 1992, fait place en 2000, à un mouvement de reprise qui se confirme en 2001 et 2002. Toutefois, Il est moins soutenu +5.5% (+4.4% en 2001, +3.1% en 2000 et +2.1% en 1999) qu’à Paris et sa proche banlieue, car si les pratiques de baisse ou de maintien à leur niveau des loyers lors de relocation sont en net retrait (17% des logements reloués contre 26% en 2001, 34% en 2000, 39% en 1999) celle relevant de hausses supérieures à l’ICC porte sur un effectif de logements reloués un peu moindre (41%) et l’augmentation moyenne pratiquée est plus faible (+12%), les bailleurs privilégiant tout autant l’indexation des loyers sur l’ICC (42% des logements reloués).

      Le rapport Les renouvellements de baux concernent 16% du parc locatif privé à Paris et dans sa proche banlieue et 14% en province. En 2000, l’augmentation moyenne des loyers à cette occasion progressait légèrement à Paris et dans sa proche banlieue. Cette tendance se confirme en 2001 et 2002 avec respectivement +3.7% (+2.4% en 2001, +1.3% en 2000, +0.5% en 1999), et +3,4% (+2.4% en 2001, +1% en 2000, +0.7% en 1999). En province, restée stable en 2000, elle engage également une reprise en 2001 et se conforte en 2002, avec +3.0% (+2.1% en 2001, +1% en 2000, +0.9% en 1999).

    A Paris et en proche banlieue, les loyers lors des renouvellements de baux sont le plus souvent indexés sur l’ICC ; cette pratique continue de se développer en 2002 avec la forte évolution de l’ICC (80% des locations dont le bail a expiré en 2002 à Paris contre 75% en 2001 ; 81% en proche banlieue contre 76% en 2001), et dans une moindre mesure, ils sont reconduits à leur niveau antérieur (10% des locations dont le bail a expiré à Paris, 12% en proche banlieue).

    En province, la majorité des loyers lors des renouvellements de baux sont également indexés mais dans des proportions moindres (57% des locations dont le bail a expiré), en revanche la part des loyers reconduits à leur niveau antérieur est importante (31% des locations dont le bail a expiré). Toutefois, l’application de hausses hors du cadre légal reste un peu plus fréquente qu’à Paris et dans sa proche banlieue (12% des locations dont le bail a expiré contre 7% à Paris, 5% en proche banlieue).

    L’usage des dispositions de l’article 17c de la loi n° 89 462 du 6 juillet 1989 reste particulièrement marginal. Il porte sur 2.7% des logements dont le bail expire à Paris, 1.5% en proche banlieue et 1% en province. En 2002, le renouvellement de bail en application de l’article 17c de la loi du 6 juillet 1989 conduit à des hausses moyennes adoptées de +18 % à Paris, +12 % en proche banlieue et +5% en province, échelonnées sur trois ou six ans. Il semble qu’après plus d’une décennie d’application, ces dispositions aient permis de réduire progressivement le nombre de loyers manifestement sous-évalués et que de ce fait même, cette procédure soit moins utilisée. Néanmoins, le redressement de la progression accélérée de la hausse moyenne des loyers de relocation confirmée au cours de ces quatre dernières années, peut laisser prévoir à terme un mouvement à la hausse des loyers lors d’un renouvellement de bail.

    Rapport sur l'évolution des loyers - Locaux à usage d'habitation dans le parc locatif privé (juin 2003)

     

    (1) Paris : +4.1% en 2001, +2.6% en 2000, +1.4%en 1999, +2.1% 1998, +1.1% 1997.
    (2) Proche banlieue :+3.8% en 2001, +2.2% en 2000, +1.2% en 1999, +2% en 1998 et +1.3% en 1997.
    (3) Province :+ 2.7% en 2001, +1.6% en 2000, +1.2%en 1999, +2.1% 1998, +1.8% 1997.
    (4) +3.6% en 2002, +2.5% en 2001, +1.1% en 2000 contre 0.3% en 1999.
    (5) Pour rappel, après les fortes augmentations de loyer du début de la décennie, de 1993 à 1997 inclus, un mouvement de déclin des hausses moyennes des loyers de relocation s’est installé plus fort que le mouvement de décélération des autres hausses de loyers. Ainsi progressivement, la dispersion des loyers a été nivellée par une progression des loyers les plus bas et le tassement des loyers les plus élevés.