| Sécurité
des ascenseurs
Dossier
d'informations générales sur la
sécurité des ascenseurs
1) Données
1.1. le
parc
Les ascenseurs constituent le mode de transport
le plus utilisé en France avec environ
60 millions de personnes transportées par
jour.
Le parc des ascenseurs existants
en France est le plus important d’Europe,
avec 420 000 appareils environ, et le plus ancien
: les deux tiers du parc français ont plus
de 20 ans d’âge et les plus anciens
ascenseurs datent de la fin du 19ème siècle.
Tableau de répartition
des ascenseurs par catégories de bâtiments
| |
Habitat résidentiel |
Habitat social |
Bureaux, hôtels
hôpitaux maisons de retraite |
Magasins, centre
commerciaux, gares, aéroports |
Ensemble |
| Avant 1982 |
14 400 |
23 600 |
57 000 |
14 300 |
238 900 |
| De 1982 à 1998 |
70 800 |
15 500 |
56 000 |
14 000 |
156 300 |
| Depuis 1999 |
13 000 |
3 000 |
7 000 |
1 800 |
24 800 |
| total |
227 800 |
42 100 |
120 000 |
30 100 |
420 000 |
1.2 La
profession :
4 groupes mondiaux de constructeurs
sont représentés en France.
Une centaine de PME indépendantes sont
également présentes.
Chiffres d’affaire en
France :
300 millions d'euros dans l’installation
des ascenseurs
300 millions d'euros dans l’export
1,1 milliard d'euros dans l’entretien maintenance
Environ 10 000 ascenseurs sont
installés chaque année.
Il y a environ 8 000 techniciens
d’entretien maintenance en France, dont
:
1 500 sont principalement chargés du montage
et de la réparation.
500 sont des installateurs.
5 % de la masse salariale est
employée à la formation des salariés
1.3 Les
accidents et les disfonctionnements
Près de 126 000 personnes
sont bloquées chaque année dans
une cabine d’ascenseur.
Le nombre d’accidents d’usagers et
d’agents d’entretien est actuellement
de l’ordre de 2000 par an.
En tout, une quinzaine d'accidents mortels ou
particulièrement graves sont survenus dans
les quatre dernières années.
Compte tenu du vieillissement
naturel du parc, le risque d'accident ne pourra
que croître dans les années à
venir. En effet, sans remise à niveau,
une grande partie du parc sera frappée
d'obsolescence d'ici 15 ans et ce, quel que soit
le niveau d'entretien.
Les aspects de sécurité
concernant les usagers et les intervenants ne
peuvent pas être dissociés car, d’une
part, ils ont souvent des causes communes et d’autre
part, la sécurité des intervenants
est nécessaire à la bonne réalisation
de la maintenance qui est une condition indispensable
au maintien du niveau de sécurité
des usagers.
Ces accidents ont fait l’objet,
à partir de 71 risques identifiés,
d’une analyse par un groupe de travail initié
par le ministère en charge du logement
et de la construction et rassemblant les représentants
des administrations, des constructeurs et des
sociétés de maintenance, des organismes
de contrôle, des consommateurs, des maîtres
d’ouvrage. Le groupe a établi une
liste plus restreinte de 17 risques importants
par leur fréquence et leur gravité
dans le parc français.
STATISTIQUES D’ACCIDENTS
1) Accidents usagers : 900
personnes accidentées sur 5 ans
Source : Fédération
des Ascenseurs sur la période 1996 à
2000
Gravité : allant de mortel
à grave (les accidents de faible gravité
ne sont généralement pas recensés
par la Fédération des Ascenseurs.
La Commission de Sécurité des Consommateurs
a estimé à 2000, le nombre total
d’accidents par an.

2) Accidents
concernant les intervenants : 140 accidentés
sur 4 ans
(Technicien de maintenance, dépanneur,
gardien, inspecteur, contrôleur, agent de
nettoyage…)
Nota : cette
statistique exclut les accidents de montage et
de trajet pour lesquels la situation des ascenseurs
existant n’a pas d’impact.
Source : Fédération
des Ascenseurs, sur la période 1998 à
2001

3) Accidents
mortels ou très graves d’intervenants
: 17 accidents sur 5 ans
Source : Ministère
du Travail, sur la période 1996 à
2001. Les accidents pris en compte ne concernent
que l’activité maintenance et exploitation
des ascenseurs.

2) Marquage CE des nouveaux ascenseurs
La directive européenne
n° 95/16/CE du 29 juin 1995 établit
les exigences essentielles de sécurité
et de santé relatives à la mise
sur le marché européen d’ascenseurs
ou de composants de sécurité pour
ascenseurs.
Elle précise les obligations
des Etats membres, les procédures d’évaluation
de la conformité, les conditions du marquage
CE des nouveaux ascenseurs ou des composants de
sécurité.
Les normes ne sont plus obligatoires.
Seules deviennent obligatoires le respect des
exigences de sécurité et de santé
dans toute nouvelle installation d’ascenseurs.
Plusieurs procédures
d’attestation de conformité aux exigences
existent : Certaines consistent dans une auto
certification des installateurs basée sur
la mise en œuvre d’un système
d’assurance qualité contrôlé
par un organisme tiers. D’autres consistent
dans une vérification à l’unité
ou un contrôle final de l’installation.
Dans tous les cas ces vérifications sont
effectuées par un organisme tiers, habilité
par l’Etat, choisi par le fabricant.
La directive européenne
a été transposée en droit
français par le décret n°2000-810
du 24 août 2000 qui s’applique donc
lors de l’installation des nouveaux ascenseurs.
3) Les mesures prises
3.1 Rappel
de la loi et du décret
L’article 79 de la loi
« Urbanisme et habitat » instaure
trois obligations principales aux propriétaires
d’ascenseurs , insérées dans
le code de la construction et de l’habitation:
- La réalisation de
travaux de mise en sécurité sur
les appareils qui ne disposeraient pas des dispositifs
permettant de remédier aux risques les
plus importants. Un délai de 15 ans maximum
est fixé pour étaler les charges
financières qui en résultent ;
- L’ entretien des installations répondant
à des exigences; l’entretien donnera
lieu obligatoirement, sauf si le propriétaire
l’effectue lui-même, à un
contrat écrit,
- l’obligation de faire réaliser
périodiquement un contrôle technique
de l’appareil, pour permettre de vérifier
le bon état de fonctionnement des installations
et la réalisation des dispositifs de
sécurité. Les résultats
du contrôle seront consultables par tout
occupant disposant d’un titre d’occupation.
Le décret n°2004-964
du 9 septembre 2004 ( Journal officiel du 10septembre)
précise ces dispositions :
- Les propriétaires
des ascenseurs qui ne satisfont pas certaines
exigences de sécurité devront
réaliser des travaux de sécurité
par tranches sur une durée maximale de
15 ans. La première série de travaux
devra être réalisée avant
le 3 juillet 2008 et comprend les mesures les
plus importantes pour améliorer la sécurité.
- Il définit les dispositions minimales
d’entretien qui devront être assurées
sur tous les appareils et énumère
les clauses minimales qui devront figurer dans
tous les contrats d’entretien rendus obligatoires.
Les agents des entreprises chargées de
cet entretien devront avoir reçu une
formation adaptée ;
- Tout contrat conclu après le 10 septembre
2004 doit être conforme aux nouvelles
dispositions ou mis en conformité au
plus tard le 30 septembre 2005. Les propriétaires
concernés doivent donc engager rapidement
les procédures conduisant à la
passation des nouveaux contrats.
- Un contrôle technique périodique
des ascenseurs tous les 5 ans est créé.
Il consiste à vérifier si les
travaux de mise en sécurité ont
bien été réalisés,
à repérer tout défaut qui
pourrait avoir des conséquences sur la
sécurité des utilisateurs et à
identifier toutes défaillances portant
préjudice au bon fonctionnement de l’appareil
.
Le rapport du contrôle
technique périodique sera remis au propriétaire
et pourra être communiqué à
toute personne disposant d’un titre d’occupation.
- les propriétaires
et les locataires d’un immeuble doté
d’un ascenseur pourront être mieux
informés et disposeront de moyens juridiques
permettant de faire respecter les dispositions
de sécurité.
- des contraventions de 3ème classe peuvent
être prononcées à l’encontre
des propriétaires d’ascenseur,
des entreprises d’entretien ou des organismes
ou personnes chargés du contrôle
technique périodique, qui ne rempliraient
pas les obligations fixées par le décret.
3.2 les
arrêtés d’application
Trois arrêtés
sont parus le 28 novembre 2004 :
a) travaux de mise en sécurité
:
L’arrêté précise
la nature et les caractéristiques des dispositifs
à mettre en place par les propriétaires
par tranche de 5 ans.
La nature et les caractéristiques des dispositifs
tiennent compte de l’ancienneté et
de la diversité du parc d’ascenseurs.
La première série de travaux devra
être réalisée avant le 3 juillet
2008 et comprend les mesures les plus importantes
pour améliorer la sécurité.
Exemple :
Lorsqu’il est nécessaire d’empêcher
ou de limiter les actes susceptibles de porter
atteinte au verrouillage de la porte palière
des ascenseurs, l’une des trois mesures
suivantes au moins doit être mise en oeuvre:
- Un avertisseur lumineux et
sonore se déclenchant, si la cabine n’est
pas arrêtée normalement, lors du
déverrouillage ou lors de l’ouverture
de la porte palière.
La désactivation et la réactivation
de ce dispositif d’alerte ne doivent être
possibles que par une personne autorisée,
intervenant sur le site même.
- Un système interdisant, en l’absence
de cabine à l’étage, l’ouverture
manuelle de chaque porte palière depuis
le palier et depuis l’intérieur
de la cabine, ce système ne pouvant être
désactivé et réactivé
que par une personne autorisée intervenant
sur le site même.
- Le remplacement des portes battantes par des
portes coulissantes à manœuvre automatique,
sous réserve de ne pas réduire
l’accessibilité de la cabine aux
personnes handicapées.
Le propriétaire a aussi
la possibilité de mettre en oeuvre des
mesures équivalentes si celles-ci ont
préalablement obtenu l'accord d'une personne
habilitée à contrôler les
ascenseurs. Cet accord doit être assorti
d'une analyse de risques établissant
que l'ascenseur satisfait aux exigences de sécurité.
b) Entretien des installations
L’arrêté définit
notamment les opérations minimales devant
être réalisées pour entretenir
un ascenseur et les clauses minimales des contrats
d’entretien.
Exemple de
mesure minimale « d’entretien »
: Il est demandé, ce qui n’est
pas le cas pour beaucoup des contrats d’entretien
actuels que :
- les interventions en vue
du dépannage des installations soient
effectuées quelque soit le jour, ouvrable
ou non.
- le déblocage des personnes bloquées
en cabine soit prévu 24h sur 24, tous
les jours de l’année.
Tous les contrats d’entretien
comportent une clause relative aux délais
de déblocage des personnes, de dépannage,
et de remise en service, ainsi qu’une clause
relative à l’information des utilisateurs
lors de ces pannes.
c) Contrôle des installations
L’arrêté précise
les modalités des contrôles devant
être effectués tous les cinq ans
au maximum par des contrôleurs compétents
et indépendants que le propriétaire
choisira.
Toutes les informations et les documents nécessaires
à la bonne exécution du contrôle
doivent être fournis par le propriétaire
au contrôleur et celui-ci doit remettre
un rapport détaillé faisant état
des dispositifs de sécurité non
installés rendus obligatoires par les textes
réglementaires, un récapitulatif
des observations et anomalies auxquelles il doit
être remédié, notamment les
défauts qui présentent un danger
pour la sécurité des personnes,
et une mention indiquant en fin de rapport que
l’appareil est « conforme »
ou « non conforme » aux obligations.
Ce rapport pourra être
consulté gratuitement par les personnes
disposant d'un titre d'occupation dans l’immeuble
et une copie écrite pourra leur être
communiquée à leur frais.
Un quatrième arrêté
paraîtra prochainement pour définir
les critères de compétence de deux
des quatre catégories de personnes pouvant
réaliser les contrôles techniques,
les deux autres étant déjà
définies par le décret.
Un guide explicatif sur
la réglementation peut être consulté
sur le site.
4. Les aides financières pour les travaux
4.1 Logements privés , les travaux de mise
en sécurité et d’entretien
bénéficient de la TVA au taux de
5,5%. Les propriétaires occupants (sous
condition de ressources) et les propriétaires
bailleurs peuvent recevoir des aides de l’ANAH
pour les travaux de mise en sécurité
ou pour la réalisation d’une installation
nouvelle. Pour les bailleurs privés, le
déficit foncier résultant des dépenses
est imputable sur le revenu global, et les règles
actuelles d’imputation incluent le financement
des dépenses de mise en sécurité.
Un crédit d’impôt
au taux de 15 % est ouvert par l’article
200 quater du code général des impôts
pour l’acquisition de gros équipements
fournis dans le cadre de travaux d’installation
ou de remplacement des ascenseurs, lorsque les
travaux sont afférents à la résidence
principale (y compris en copropriété)
4.2 Logements sociaux , les travaux de réparation
et d’entretien bénéficient
de la TVA à 5,5 %, et les premiers types
de travaux peuvent faire l’objet d’attributions
de crédits PALULOS au taux de 25 %.
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